Exploiter l’IA pour garantir les droits fonciers des peuples autochtones en Afrique
Gagner un procès ne suffit pas ; nous devons veiller à ce que le jugement prenne vie sur la terre.
C’était l’un des messages les plus marquants du webinaire de la Journée mondiale des peuples autochtones 2025 organisé par l’ILC Afrique, où défenseurs, avocats et leaders communautaires se sont réunis pour discuter de la manière dont l’IA et les outils numériques pourraient combler l’écart entre la reconnaissance juridique et la réalité vécue par les communautés autochtones.
Des victoires judiciaires, des batailles inachevées
Des Ogiek du Kenya aux Batwa de la RDC, des décisions historiques rendues par les juridictions africaines ont confirmé les droits fonciers des peuples autochtones. Pourtant, leur mise en œuvre tarde, laissant les communautés exposées à de nouvelles expulsions et à la perte continue de leurs ressources.
Les intervenants ont souligné que l’accès à la justice n’est que la première étape; c’est dans l’application et le suivi que les droits sont véritablement garantis.
Le jugement est une clé. Mais sans application, la porte de notre avenir reste fermée.
Là où la technologie rencontre la tradition
La discussion a exploré comment l’IA, les plateformes de données et les systèmes de savoirs autochtones pourraient travailler ensemble pour défendre ces droits :
- Surveillance satellitaire alimentée par l’IA pour détecter en temps réel les empiètements illégaux.
- Archivage numérique des connaissances écologiques autochtones afin de guider une gouvernance foncière durable.
- Tableaux de bord en données ouvertes pour suivre publiquement le respect des décisions de la Cour africaine.
Ancrée dans les priorités régionales
Cette discussion s’appuie sur le travail de la Plateforme régionale 5 (RP5), l’espace collaboratif de l’ILC Afrique dédié à la sécurisation des droits territoriaux des peuples autochtones, des pasteurs et des communautés locales.
La RP5 rassemble des membres de tout le continent pour:
- Renforcer les cadres juridiques protégeant les droits fonciers et les droits sur les ressources.
- Soutenir le suivi dirigé par les communautés grâce à la cartographie participative, aux SIG et à d’autres outils numériques.
- Faciliter le dialogue politique aux niveaux national et régional afin de garantir que les engagements se traduisent par des changements concrets sur le terrain.
En ancrant les discussions de la Journée mondiale des peuples autochtones dans le travail en cours de la RP5, nous veillons à ce que l’élan des campagnes mondiales soit orienté vers une action durable, menée par les membres à travers l’Afrique.
Appels à l’action
Gouvernements:
Appliquer sans délai les décisions de la Cour africaine et intégrer les données autochtones dans les systèmes nationaux de gouvernance foncière.
Société civile et alliés:
Soutenir les communautés autochtones dans l’accès et la co-conception d’outils d’IA alignés sur leurs priorités.
Développeurs technologiques:
S’associer aux peuples autochtones pour garantir que les applications d’IA protègent, plutôt qu’elles n’exploitent, leurs droits et leurs savoirs.
Tout le monde:
Restez informé et amplifiez ces histoires, partagez ce blog et identifiez les décideurs.
Nous ne devons pas seulement défendre nos droits, mais aussi concevoir les outils qui les protégeront pour les générations à venir.
L’ILC Afrique continuera de mettre en valeur les innovations menées par ses membres à l’intersection des droits et de la technologie, en veillant à ce qu’à l’ère de l’IA, les voix autochtones ne soient pas seulement entendues, mais qu’elles mènent la conversation.