La voix des bases ougandaise à la Journée internationale des femmes rurales 2025
Les 14 et 15 octobre 2025, alors que le monde célébrait la Journée internationale des femmes rurales, des dirigeant·e·s, des décideur·euse·s politiques et des voix issues des communautés de base se sont réunis au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie. Parmi elles se trouvait Joviah Komugisha, productrice de café et dirigeante communautaire des femmes rurales du district de Mbarara, dans l’ouest de l’Ouganda.
Joviah est la fondatrice du Kakiika Women’s Group et une ardente défenseuse des droits des femmes à la terre et aux ressources naturelles. Représentant la Coalition Stand for Her Land (S4HL) Ouganda, elle a rejoint d’autres dirigeantes, des partenaires de la société civile et des représentant·e·s gouvernementaux pour faire progresser l’agenda visant à garantir les droits fonciers des femmes à travers l’Afrique.
Pourquoi les droits fonciers des femmes comptent
Au cœur de la commémoration se trouvait un message urgent: sans droits fonciers sécurisés, les femmes ne peuvent pleinement s’épanouir. Pour Joviah et pour des millions de femmes rurales en Ouganda et à travers l’Afrique, la terre est bien plus qu’un sol: c’est la sécurité, la nourriture et la dignité. Pourtant, malgré de solides cadres juridiques, l’accès des femmes à la terre et leur contrôle sur celle-ci continuent d’être fragilisés par les normes culturelles, la faible mise en œuvre des politiques et le manque de connaissance de leurs droits.
Lors de la table ronde organisée par la campagne Stand for Her Land (S4HL), les participant·e·s ont réfléchi à ces défis et proposé des actions concrètes pour combler l’écart entre la loi et la réalité vécue. Parmi celles-ci:
- Sensibiliser les femmes rurales à leurs droits juridiques.
- Travailler avec les chefs traditionnels et religieux pour faire évoluer les normes culturelles.
- Renforcer la responsabilité et la transparence dans la gouvernance foncière.
- Garantir un financement durable et un appui juridique aux organisations de base.
La voix de Joviah à l’Union africaine
En tant qu’agricultrice et dirigeante communautaire, Joviah a apporté une perspective de terrain puissante sur la scène continentale. Son témoignage a mis en lumière le fait que, bien qu’elles soient au cœur de la production agricole, les femmes rurales sont souvent exclues de la propriété foncière et de la prise de décision. Elle a souligné l’importance d’organiser les femmes au niveau communautaire, de renforcer leur confiance et de créer des espaces où elles peuvent s’exprimer par elles-mêmes.
Quand les femmes connaissent leurs droits et s’unissent, elles deviennent inarrêtables.
Joviah Komugisha – Fondatrice du Kakiika Women’s Group et représentante de la Coalition Stand for Her Land (S4HL) Ouganda à la commémoration de la Journée internationale des femmes rurales au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, Éthiopie
Faisant écho à l’esprit de la campagne Stand for Her Land, active en Ouganda.
Regard vers l’avenir
La rencontre d’Addis-Abeba a été bien plus qu’une commémoration; ce fut un appel à l’action. Pour des femmes comme Joviah, le parcours se poursuit au niveau communautaire, là où la lutte pour l’égalité se confronte aux réalités de la culture, du droit et des moyens de subsistance. Sa participation a symbolisé la reconnaissance croissante du fait que les dirigeantes issues des communautés de base doivent contribuer à façonner les politiques qui affectent leurs terres, leurs vies et leur avenir.
Alors que nous continuons de célébrer la Journée internationale des femmes rurales, nous rendons hommage à des leaders comme Joviah Komugisha, dont le courage et la vision nous rappellent que garantir les droits fonciers des femmes n’est pas seulement une question de justice, mais aussi une voie vers des communautés plus fortes et un développement durable.