Comment la jeunesse africaine façonne les droits fonciers et les ODD
À travers l’Afrique, les jeunes prennent de plus en plus l’initiative de façonner les débats autour des droits fonciers et du développement durable. Cet élan s’est clairement manifesté lors d’un récent webinaire sur la jeunesse et les droits fonciers, organisé à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse 2025 par la Plateforme multipartite Jeunesse et Terre en Afrique (YLMPA). L’événement a réuni des voix dynamiques venues de tout le continent pour discuter des défis, des opportunités et des actions collectives visant à faire progresser les droits fonciers dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD).
Pourquoi les droits fonciers des jeunes comptent
La terre est bien plus que le sol sous nos pieds ; elle constitue la base de la sécurité alimentaire, de la résilience climatique et de la croissance économique. Pourtant, les jeunes Africains se heurtent à d’importants obstacles dans l’accès et la gouvernance des terres, allant des pratiques coutumières restrictives à l’exclusion financière et aux inégalités de genre.
Cette réalité souligne pourquoi les droits fonciers doivent être au cœur de l’agenda de développement de l’Afrique et pourquoi la participation des jeunes est indispensable.
Des voix de jeunes qui portent le changement
Des intervenants issus de divers contextes ont partagé leurs expériences et recommandations. Gugulethu Mahlangu, une agripreneure sud-africaine, a mis en évidence comment l’accès à la terre peut autonomiser les jeunes et les femmes afin de stimuler la mise en œuvre des ODD:
Même les projets agricoles à petite échelle peuvent démontrer le potentiel de la terre et attirer des investissements. Les jeunes doivent faire partie des espaces politiques comme Yango afin d’influencer les décisions qui façonnent leur avenir.
Depuis le Libéria, Yidamno-Antonio a souligné l’urgence de l’engagement des jeunes, notant que plus de 70 % de la population libérienne est composée de jeunes. Il a expliqué comment les Comités de gestion du développement des terres communautaires contribuent à la mise en œuvre de la Loi sur les droits fonciers de 2018, tout en appelant à un soutien renforcé:
Les jeunes ont besoin de formations en agroécologie, d’un accès aux facilités de crédit et de fonds d’investissement foncier si nous voulons jouer pleinement notre rôle dans la réalisation des ODD.
Parallèlement, l’égalité de genre a occupé une place centrale dans les discussions. Les participants ont souligné la nécessité de combler les écarts entre les sexes en matière de propriété et de gouvernance foncières. Comme l’a souligné Mary Maneno, de l’Unité régionale de coordination de l’International Land Coalition:
Nous devons veiller à ce que nos messages soient portés dans les espaces de plaidoyer tels que le Sommet africain sur le climat, la Conférence sur la politique foncière en Afrique (CLPA) et la COP 30; en plaçant toujours les femmes et les jeunes au centre de la gouvernance foncière.
Investir dans le leadership des jeunes
L’un des moments forts du webinaire a été la présentation du Programme de bourses pour la jeunesse de l’ILC, qui offre un financement allant jusqu’à 3 000 USD aux jeunes leaders pour concevoir et mettre en œuvre des projets dans leurs communautés. Comme l’a expliqué Miriane, qui a présenté le programme:
Cette bourse va bien au-delà du financement ; elle concerne la formation, le mentorat et la mise en réseau des jeunes à travers l’Afrique qui œuvrent à transformer la gouvernance foncière.
En soutenant les solutions portées par les jeunes, la bourse reflète une reconnaissance plus large du fait que les jeunes Africains ne sont pas seulement des bénéficiaires, mais de véritables acteurs du changement dans le secteur foncier.
Perspectives: prochaines étapes
La session s’est conclue par des recommandations pratiques pour aller de l’avant:
Les membres de la plateforme
présenteront des expériences régionales, mettront en valeur les systèmes de connaissances autochtones et renforceront les opportunités de commerce intra-africain liées aux initiatives foncières portées par les jeunes.
Les jeunes participants
se sont engagés à définir des objectifs agricoles assortis d’échéances afin de démontrer la productivité et de débloquer des opportunités de financement.
Allocations gouvernementales agricoles en faveur des jeunes
Un appel a également été lancé pour plaider auprès des gouvernements afin qu’ils allouent au moins 10 % des budgets nationaux à l’agriculture, conformément aux engagements de longue date.
Un appel à l’action
La jeunesse africaine n’attend pas sur la touche: elle façonne déjà l’avenir du continent grâce à l’innovation, au leadership et au plaidoyer. Mais ses efforts ont besoin de reconnaissance, d’investissements et de volonté politique pour prospérer.
Comme les discussions nous l’ont rappelé, les droits fonciers des jeunes ne sont pas une question secondaire : ils sont au cœur de la réalisation des ODD et de l’Agenda 2063 de l’Afrique.
La plateforme jeunesse invite tous les partenaires gouvernements, société civile et organisations internationales à unir leurs forces pour amplifier les voix des jeunes, sécuriser les droits fonciers et bâtir un avenir où chaque jeune aura les moyens de s’épanouir sur la terre qu’il appelle son foyer.
À propos de la Plateforme multipartite Jeunesse et Terre en Afrique (YLMPA)
La plateforme jeunesse a été créée en 2022 pour amplifier la voix des jeunes dans la gouvernance foncière et garantir leur participation active à la construction de l’avenir de l’Afrique, au sein de la région, du réseau de l’ILC et au-delà. Elle rassemble des organisations dirigées par des jeunes, des réseaux et des alliés travaillant à faire progresser les droits fonciers, l’égalité de genre et le développement durable à travers le continent. Grâce au dialogue, au plaidoyer et à la collaboration, elle constitue un espace où les jeunes peuvent se connecter, partager leurs expériences et influencer les politiques foncières aux niveaux local, national et mondial.