Les femmes pastoralistes africaines tracent une nouvelle voie à Kampala
Le Rassemblement des femmes pastoralistes africaines (APWG) a été lancé cette semaine à Kampala, marquant une étape historique dans le cheminement vers l’Année internationale des parcours et des pasteurs (IYRP) 2026.
Sous le thème "Voix des parcours", des femmes leaders, des décideurs politiques et des défenseurs venus de tout le continent se sont réunis pour veiller à ce que les gardiennes des zones arides d’Afrique ne soient plus marginalisées dans la gouvernance foncière mondiale.
Un tournant attendu de longue date
La séance d’ouverture a été marquée par un fort sentiment d’urgence et de détermination. En ouvrant le rassemblement, Mme Hannah Longole du Centre culturel Ateker (ACC) a rappelé aux participants que, bien que les contributions des femmes pastoralistes à la production animale et à la consolidation de la paix soient considérables, leurs voix ont historiquement été exclues des espaces de décision.
Ce rassemblement constitue un tournant.
A-t-elle déclaré, en accueillant des délégués du Bénin, du Cameroun, de la Tanzanie, de l’Éthiopie et d’ailleurs.
La mobilité comme un droit, et non un luxe
L’un des thèmes centraux de la première journée a été le rôle crucial de la mobilité. M. Ken Otieno, coordinateur de l’Initiative sur la mobilité foncière (LMI) et point focal pour les parcours, a apporté une perspective technique éclairante,
La mobilité est le principal mécanisme d’adaptation du pastoralisme.
Il a mis en garde contre le fait que les tendances actuelles en faveur de la propriété foncière individuelle constituent une menace directe pour les systèmes communautaires dont dépendent les femmes pastoralistes pour leurs moyens de subsistance. À l’appui de cette observation, Mme Eva Maria Okoth, coordinatrice régionale de l’ILC Afrique, a souligné que,
Les parcours ne se réduisent pas à des statistiques ou à des superficies; ce sont des paysages façonnés par le travail non reconnu et par les connaissances écologiques des femmes.
Perspectives du terrain: points de vue régionaux
Les sessions de l’après-midi ont mis en lumière les réalités diverses du continent:
Afrique de l’Ouest
Des délégués du Cameroun et du Bénin ont souligné la nécessité de protéger les corridors de transhumance et de reconnaître le rôle des femmes dans le commerce transfrontalier du bétail.
Afrique de l’Est
Ana Ndiko a partagé des avancées inspirantes du nord de la Tanzanie, où les femmes commencent à franchir les barrières traditionnelles en rejoignant les conseils des anciens (Kaigwanani), offrant ainsi un modèle pour transformer les structures de gouvernance.
Regard vers l’avenir: la Charte panafricaine des femmes
À la fin de la première journée, l’attention s’est portée sur l’objectif ultime de l’APWG : l’élaboration de la Charte panafricaine des femmes pour les parcours et le pastoralisme. Ce document servira d’outil de plaidoyer unifié à présenter lors du rassemblement mondial de l’IYRP en Mongolie plus tard cette année.
Le message venu de Kampala est clair : les femmes pastoralistes africaines ne sont pas seulement des victimes du changement climatique ou de l’insécurité foncière ; ce sont elles qui incarnent le leadership de la résilience des parcours.